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Entreprises accompagnées par hub.brussels : neuf sur dix passent le cap des cinq ans

J’ai interrogé le ministre de l’Économie, de l’Économie numérique et de l’Emploi sur un indicateur que l’on cite rarement : non pas le nombre d’entrepreneurs accompagnés par hub.brussels, mais ce qu’ils deviennent une fois l’accompagnement terminé. Les chiffres qui m’ont été transmis méritent d’être connus.

Pourquoi j’ai interrogé le ministre sur hub.brussels

hub.brussels est l’opérateur public de référence pour les entrepreneurs bruxellois : porteurs de projet, indépendants, PME en création, en croissance ou en internationalisation. Chaque année, l’agence accompagne des milliers de projets, et chaque année ce chiffre est mis en avant.

Mais un accompagnement ne vaut que par ce qu’il produit. Une entreprise qui ferme dix-huit mois après son lancement, c’est un projet de vie qui s’arrête, des emplois qui disparaissent, parfois un endettement personnel qui reste. C’est pourquoi j’ai demandé au ministre le taux de survie des entreprises accompagnées, la méthodologie utilisée pour le calculer, et l’existence d’un suivi structuré de l’impact à moyen terme — emplois créés, chiffre d’affaires, levées de fonds.

Ce que montrent les chiffres

La réponse fournit le taux de survie par année de création, sur cinq ans :

Année de création1 an2 ans3 ans4 ans5 ans
2018100 %99 %97 %94 %88 %
201999 %99 %97 %93 %90 %
2020100 %99 %95 %92 %88 %
202199 %99 %97 %93 %
202299 %97 %92 %
202398 %94 %
202497 %

Ma lecture

Trois constats.

1. La solidité est réelle. Sur la cohorte 2019, neuf entreprises sur dix étaient encore actives cinq ans plus tard. Rapporté à ce que l’on observe habituellement dans la création d’entreprise, où l’on considère qu’une part substantielle des projets ne franchit pas le cap des cinq ans, c’est un résultat qui plaide pour l’accompagnement public.

2. La cohorte 2020 a tenu. Ces entreprises se sont lancées en pleine crise sanitaire, dans le contexte économique le plus défavorable qu’ait connu la Région depuis des décennies. Leur taux de survie à cinq ans est identique à celui de 2018. Les dispositifs de soutien déployés à ce moment-là ont joué leur rôle.

3. Un signal à surveiller. La cohorte 2023 affiche 94 % à deux ans, contre 97 à 99 % pour les cohortes antérieures au même stade. L’écart est limité, mais il constitue le premier fléchissement de la série. Inflation, coûts de l’énergie, resserrement du crédit : les jeunes entreprises lancées ces deux dernières années évoluent dans un environnement plus dur.

La suite

Ces taux de survie disent qui reste debout. Ils ne disent pas encore combien d’emplois ont été créés, ni comment le chiffre d’affaires de ces entreprises a évolué. C’est la prochaine étape : disposer d’un suivi post-accompagnement structuré, qui permette de mesurer l’impact réel de l’argent public investi dans l’accompagnement entrepreneurial. Je continuerai à interroger le gouvernement sur ce point.

Hasan KOYUNCU

Lire le texte intégral de ma question écrite

Pour prendre connaissance de la réponse du ministre, consulter le document officiel.