Dans une question adressée au ministre bruxellois de l’Emploi, Laurent Hublet, j’ai demandé combien de temps un chercheur d’emploi attend, après son inscription chez Actiris, avant de rencontrer un conseiller. La réponse est préoccupante.
Depuis le 1er janvier 2026, la réforme fédérale du chômage a profondément changé la situation de milliers de Bruxelloises et de Bruxellois. Dans ce contexte, l’accompagnement proposé par Actiris devient décisif : plus il arrive tôt, plus les chances de retrouver un emploi ou une formation augmentent. Pourtant, aucune donnée publique ne permettait jusqu’ici de connaître le délai réel entre l’inscription et le premier entretien d’orientation. J’ai donc interrogé le ministre.
Des délais bien au-delà des objectifs
Les chiffres communiqués distinguent deux publics : les jeunes en stage d’insertion professionnelle et les chercheurs d’emploi indemnisés.
- Jeunes en stage d’insertion : 71,1 jours d’attente en moyenne en 2024, puis 70,7 jours en 2025. L’objectif était pourtant d’organiser le premier entretien dans le mois suivant l’inscription. Le délai réel est donc plus de deux fois supérieur à l’objectif.
- Chercheurs d’emploi indemnisés : 139,1 jours en 2024, puis 155,1 jours en 2025, soit plus de cinq mois. L’objectif était de trois mois. Surtout, la situation s’est dégradée : le délai s’est allongé de 16 jours en un an.
Concrètement, une personne qui s’inscrit chez Actiris peut attendre près d’un semestre avant d’être reçue par un conseiller. Pendant ce temps, elle n’a ni bilan professionnel, ni orientation, ni accès facilité aux formations.
Un nouvel objectif depuis mars 2026
Le ministre indique que, depuis mars 2026, les objectifs ont été harmonisés dans le cadre de la réforme fédérale. Tout public qui entame un parcours accompagné doit désormais recevoir une première proposition de rendez-vous dans le mois qui suit son inscription.
C’est un pas dans la bonne direction. Mais il faut rester attentif. D’une part, l’objectif porte sur une proposition de rendez-vous, et non sur la tenue effective de l’entretien. D’autre part, le ministre n’a pas communiqué le taux de respect des objectifs précédents. Or, au vu des chiffres de 2024 et 2025, l’écart entre les intentions et la réalité est considérable.
Mon engagement
Au moment où la réforme fédérale durcit les conditions d’accès aux allocations, les Bruxellois ne peuvent pas être laissés seuls des mois durant. Un accompagnement rapide et de qualité n’est pas un luxe : c’est la condition d’une insertion réussie.
Je continuerai à suivre ce dossier de près. Je demanderai réguliérement les chiffres relatifs aux objectifs du gouvernement ainsi que les moyens mobilisés pour l’atteindre, afin que cette ambition se traduise concrètement pour les chercheurs d’emploi.
Hasan Koyuncu
Question écrite n°103 du 25 juin 2026 – réponse publiée le 18 septembre 2026.

