La Région veut atteindre 22.000 points de recharge accessibles au public d’ici 2035. J’ai interrogé la Secrétaire d’État à l’Énergie, Audrey Henry, sur la puissance réelle des bornes installées en voirie. Sa réponse vient d’être publiée.
Avec la sortie progressive des véhicules thermiques, le déploiement des bornes de recharge dans nos rues s’accélère. C’est une bonne nouvelle. Mais on parle surtout du nombre de bornes, beaucoup moins de leur puissance. Or c’est elle qui détermine le temps de recharge et donc l’utilité réelle de ces équipements, en particulier pour les nombreux Bruxellois qui n’ont pas de parking privé et dépendent entièrement de la recharge publique.
C’est pourquoi j’ai adressé une question écrite à la Secrétaire d’État en charge de l’Énergie, Audrey Henry.
Ce que j’ai demandé
- la répartition des bornes publiques par niveau de puissance ;
- l’évolution de cette puissance au fil des années et les exigences imposées dans les marchés publics ;
- l’éventuel rôle du réseau de distribution comme frein dans certains quartiers ;
- les intentions de la Région pour relever la puissance minimale des nouvelles bornes.
Ce que la Secrétaire d’État a répondu
Sur les 3.922 points de recharge installés sur le domaine public, environ 80 % délivrent 7,4 kW (3.107 points) et 20 % délivrent 11 kW (815 points). La différence dépend du réseau disponible : 7,4 kW sur le réseau 230 V, 11 kW sur le réseau 400 V. Sibelga essaie de privilégier les emplacements raccordés au 400 V.
Cette puissance n’a pas évolué dans le temps : tous les cahiers des charges régionaux imposent ces deux standards. Le Gouvernement assume ce choix d’une recharge « normale », qu’il juge suffisante pour servir le plus grand nombre à un coût raisonnable. Selon lui, augmenter la puissance ferait monter le tarif de la recharge et prendrait davantage de place dans l’espace public. Aucune hausse n’est donc prévue.
Autre enseignement : le réseau électrique ne serait pas un facteur limitant. Le vrai goulot d’étranglement, ce sont les places de stationnement dédiées à la recharge, qui dépendent de la volonté des communes de les réserver.
Mon analyse
Cette réponse a le mérite de la clarté. Elle montre que l’enjeu de la transition électrique en voirie est avant tout une question d’emplacements, donc de collaboration entre la Région et les 19 communes. Pour atteindre l’objectif de 22.000 points d’ici 2035, il faudra multiplier par plus de cinq le parc actuel. Toutes les communes devront jouer le jeu, pour que chaque quartier, y compris les plus denses et les moins équipés en garages privés, ait un accès équitable à la recharge.
Je continuerai à suivre ce dossier de près, notamment l’évolution du déploiement commune par commune et les besoins des habitants qui n’ont pas d’autre solution que la borne au coin de la rue.
👉 Lire la question et la réponse complètes sur le site du Parlement bruxellois
Hasan Koyuncu

