Face à la situation dans le quartier Nord, la tentation est grande de désigner un coupable unique. Je refuse ce raccourci. Les habitants méritent des réponses concrètes : plus de policiers, une justice qui fonctionne et une politique migratoire fédérale qui ne laisse plus des centaines de personnes à la rue.
Le constat, personne ne le conteste. Aux abords de la gare du Nord, entre Schaerbeek et Saint-Josse, les habitants et les commerçants vivent une situation inacceptable : consommation de drogue en rue, trafics, exploitation liée à la prostitution, insalubrité. Des familles n’osent plus sortir le soir. Ce sentiment d’abandon, je l’entends depuis des années.
Ces derniers jours, certains ont choisi de présenter la migration illégale comme la cause principale de cette insécurité. Je le dis clairement : dire que c’est à cause des migrants, c’est passer à côté des vrais problèmes. On confond la conséquence avec la cause, et on détourne le regard des responsabilités réelles.
Des policiers en nombre suffisant
Le premier problème, c’est le manque criant d’effectifs policiers. La norme KUL, qui fixe la capacité policière théorique de chaque commune et répartit une partie du financement fédéral des zones de police, date du début des années 1990. Elle ne correspond plus à la réalité démographique et sécuritaire de notre Région. Elle doit être revue.
Je demande 80 millions d’euros supplémentaires pour Bruxelles, soit de quoi financer environ 800 équivalents temps plein. Mettez 100 policiers de plus dans le quartier Nord, et la situation changera. Cela passe par une police de proximité renforcée, présente dans les rues et connue des habitants, mais aussi par des caméras de surveillance pour traquer ceux qui font vivre la criminalité dans nos quartiers.
Une justice qui suit
Renforcer la police ne suffit pas si la justice n’a pas les moyens de suivre. Les ministres qui se sont succédé ces quinze dernières années n’ont jamais investi à la hauteur des besoins dans la police et la justice. C’est là que se trouve une grande partie de la responsabilité.

Ne pas fabriquer l’exclusion
Enfin, on ne peut pas ignorer les effets des choix fédéraux. Depuis le 1er septembre, 1.000 places d’hébergement ont été supprimées. Ce sont autant de personnes laissées à la rue, exposées aux réseaux criminels et à la délinquance. Une politique migratoire qui laisse des gens sans solution ne réduit pas l’insécurité : elle l’alimente.
Alors que le dispositif de fermeture nocturne des établissements prendra fin le 30 septembre, et que la criminalité se concentre désormais davantage en journée, il est temps de passer à des solutions durables. Le quartier Nord n’a pas besoin de slogans. Il a besoin de moyens, de présence et de courage politique. C’est le combat que je continuerai à mener, au Parlement bruxellois comme à Schaerbeek.
Hasan Koyuncu

