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Horeca bruxellois : Il faut prendre au sérieux le cri d’alarme du secteur!

Ce mercredi 21 octobre, je suis intervenu en commission Économie et Emploi du Parlement bruxellois, lors du débat consacré aux difficultés de l’horeca. J’ai voulu attirer l’attention du ministre sur un facteur trop souvent oublié : le pouvoir d’achat de la clientèle.

Un secteur sous pression

Le 15 juillet dernier, la fédération Horeca Brussels a publié une lettre ouverte au ton particulièrement sévère. Elle y dénonce l’accumulation de nouvelles obligations, la disparition progressive de mesures de soutien et la hausse des charges. Avec plusieurs collègues, nous avons relayé ces inquiétudes auprès du ministre de l’Économie et de l’Emploi. Les chiffres confirment la dégradation. Jusqu’en 2024, notre Région comptait environ 290 faillites par an dans l’horeca. En 2025, elle en a enregistré 370, soit une hausse de 19 %.

Le pouvoir d’achat, angle mort du diagnostic

La santé de nos restaurants et de nos cafés dépend aussi de la capacité des ménages à continuer à les fréquenter. Je discute très régulièrement avec des commerçants, des restaurateurs et des indépendants. Beaucoup me font part de baisses d’activité importantes, et certains évoquent jusqu’à 30 % de chiffre d’affaires en moins. Ces témoignages doivent être pris au sérieux.

La réforme fédérale du chômage a eu un impact direct sur la consommation des ménages. Quand une personne perd son allocation sans retrouver rapidement un emploi, ses revenus diminuent, et ses dépenses aussi. On réfléchit à deux fois avant d’aller au restaurant ou de prendre un verre avec ses amis. Et quand cela touche de nombreux ménages, c’est l’activité de tout un quartier qui en souffre.

J’ai donc posé trois questions au ministre :

  • Les administrations régionales ont-elles analysé les effets de cette réforme sur la consommation et sur l’horeca bruxellois ?
  • La Région peut-elle suivre l’évolution de la fréquentation dans les quartiers les plus touchés, en collaboration avec les représentants du secteur ?
  • Si un impact se confirme, quelles mesures régionales envisage-t-il pour soutenir l’activité et préserver l’emploi ?

Car protéger le pouvoir d’achat des Bruxellois, c’est aussi préserver la clientèle et l’activité de nos entreprises de proximité.

Les réponses du ministre

Le ministre a appelé à lire les chiffres sur plusieurs années. Entre janvier et juillet 2026, 469 nouvelles entreprises horeca se sont enregistrées à la TVA, soit environ deux créations pour une faillite. La rotation s’accélère pourtant et la durée de vie des établissements se raccourcit.

Selon lui, trois facteurs pèsent le plus sur la rentabilité du secteur :

  • l’énergie et les matières premières ;
  • les coûts de personnel ;
  • une fréquentation plus irrégulière de la clientèle.

Le ministre a également présenté le plan Oxygène, adopté par le gouvernement le 15 octobre. Il compte 22 mesures de soutien aux PME. Parmi elles figurent un guichet unique, une information plus claire sur les taxes et redevances, et le développement de « Business Improvement Districts » avec les communes. Les aides à l’investissement et à la digitalisation restent ouvertes, et l’horeca en est le premier bénéficiaire. Un nouveau dispositif d’aide à l’emploi remplacera Activa en 2027.

Nous comptons sur le gouvernement

Dans ma réplique, j’ai insisté sur la gravité de la situation. Ce secteur représente des milliers de travailleurs et d’indépendants. La veille, j’avais entendu à la télévision un représentant de l’horeca décrire une détresse telle que certains gérants d’établissement en viennent à penser au suicide!

Nous sommes dans une situation vraiment très grave. Nous devons tout faire pour préserver nos établissements. Je compte sur le gouvernement, et sur le ministre, pour trouver des solutions et apporter un souffle à ce secteur qui souffre aujourd’hui.
J’y resterai particuliérement attentif.

Hasan Koyuncu