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Question parlementaire

Les accouchements à domicile (Alain Maron)

Déposée le
29 septembre 2019
Ministre
Alain Maron

Bruxelles, le 29 septembre 2019

Si partout à travers la planète, l’accouchement semble naturel, chaque pays a sa manière particulière d’accompagner une naissance.

En Afrique, seuls cinq pays ont l’accès aux soins recommandés par l’Organisation mondiale de la santé lors d’une grossesse et encore beaucoup de femmes meurent en couche.

En Occident en revanche, la médicalisation de l’accouchement est entrée dans la norme.

Pour autant, dans certains pays, les femmes s’en éloignent volontairement. Péridurale, césarienne, accouchement à domicile ou naturel…

Chez nos voisins du Nord, l’accouchement est peu médicalisé.

Le modèle néerlandais favorise les naissances à domicile et limite la médicalisation des grossesses à bas risque, même si la demande des femmes tend à évoluer. Le taux d’accouchement à domicile atteint aux Pays-Bas plus de 30 %, contre 2 % en moyenne dans le reste de l’Europe. Les sages-femmes ont en effet des formations très poussées et les futures mamans ne voient pas de gynécologue pendant leur grossesse, sauf problèmes de santé. Dans la plupart des autres pays européens, accoucher à domicile est souvent vu d’un mauvais œil et considéré comme dangereux pour la maman et son enfant. Pourtant le taux de mortalité infantile aux Pays-Bas est au même niveau que les autres pays d’Europe : environ 3,8 pour 1 000 naissances.

Quand les Néerlandaises accouchent à l’hôpital, par choix ou nécessité de santé, elles n’y restent pas : la sortie s’effectue la plupart du temps seulement quelques heures après la naissance (au plus tard 24 heures après). En revanche, une kraamverzorgster, « aide familiale », vient à domicile les jours suivants l’accouchement pour aider la jeune maman dans les tâches matérielles, la conseiller pour l’allaitement, voire pour les soins au bébé. La sage-femme continue elle aussi de rendre visite aux jeunes parents pour contrôler l’état de santé de la maman et du bébé. A noter également que 99 % des mamans allaitent, l’allaitement étant considéré comme une suite naturelle à la grossesse et à l’accouchement à domicile.

Monsieur le Ministre, merci de répondre à mes questions suivantes :

  • Les néerlandais disposant d’un bon modèle sur lequel l’on peut s’inspirer fortement, pourriez-vous m’indiquer les mesures prises jusqu’à présent pour inciter les bruxelloises à accoucher à domicile ?
  • À Bruxelles, quel est le pourcentage de femmes enceintes qui ont choisi d’accoucher à domicile en 2015, 2016, 2017 et 2018 ? Combien de ces accouchements ont-ils été pratiqués par une sage-femme, un médecin généraliste ou un gynécologue ? Dans combien de cas s’agissait-il d’un deuxième accouchement ?
  • Pour combien d’accouchements une césarienne s’est-elle avérée nécessaire en 2015, 2016, 2017 et 2018 ?

Hasan KOYUNCU
Député bruxellois

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