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Question parlementaire

Les réfugiés – membre du Collège réuni chargée de l’action sociale

Déposée le
1 décembre 2019
Ministre
Alain Maron

Monsieur le Ministre,

L’actualité le démontre chaque jour : les demandeurs d’asile arrivent nombreux chez nous, pour demander la protection. Ils fuient la guerre et les violences. La Belgique, en vertu de ses engagements internationaux, se doit de les accueillir dignement, durant leur procédure, à l’instar des autres pays membres de l’Union européenne. Alors, dans l’urgence, le gouvernement ouvre des nouvelles places d’accueil. Mais ensuite ? Une fois reconnus réfugiés, un processus d’intégration débute. Aux différentes étapes du parcours des demandeurs d’asile, les associations les viennent en aide et les accompagnent. Malgré cela, elles ont perdu – ou sont en passe de perdre – une grande partie de leurs financements structurels.

Elles réalisent pourtant un travail primordial d’accompagnement et d’intégration des réfugiés en Belgique. Elles les aident à trouver un logement, elles organisent des cours de langue, elles font de l’orientation socio-professionnelle, elles fournissent un accompagnement social ou juridique, elles suivent les démarches de regroupement familial, elles soutiennent les mineurs étrangers non accompagnés, elles mettent en place des projets d’intégration en vue de favoriser le vivre-ensemble, elles font de l’interprétariat social pour les personnes ne maîtrisant pas encore la langue… Bref, elles jouent un rôle essentiel et complémentaire à l’action des CPAS pour prendre en compte les vulnérabilités propres aux réfugiés.

En outre, non seulement les demandeurs d’asile sont nombreux, mais la grande majorité d’entre eux proviennent de pays en guerre ou en proie à de violents conflits, de sorte qu’ils obtiennent rapidement le statut de réfugié. Ceci signifie qu’ils seront – et sont déjà – beaucoup plus nombreux qu’auparavant à devoir sortir des structures d’accueil et cela, très rapidement (parfois trois semaines après leur arrivée en Belgique), sans avoir pu se préparer à leur installation et à leur insertion dans le pays. Les CPAS se retrouvent donc seuls devant un défi considérable : accompagner vers le logement et l’intégration un nombre considérable de réfugiés dont une majorité ne parlent pas français ni néerlandais et dont les vulnérabilités propres à l’exil exigent une approche personnalisée et qualitative. Les fédérations des CPAS ont déjà largement manifesté leur inquiétude et leur besoin de soutien.

Dans un tel contexte, il nous semble totalement paradoxal et absurde de se passer de l’aide, complémentaire, des associations spécialisées qui pratiquent depuis des années ce type d’accompagnement.

Plusieurs associations, telles que Convivial, Mentor Escale, Brabantia accompagnant les réfugiés dans la recherche d’un logement n’ont plus vu leur subvention reconduit en 2018.

Monsieur le Ministre, quelles sont les infrastructures alternatives mises en place pour suppléer l’aide apportée par les asbl qui ne bénéficient plus de la subvention ?

Hasan KOYUNCU
Député bruxellois

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